SANTE : Influence de notre flore intestinale sur les troubles alimentaires

Ajoutée le 13 mars 2014

Une étude réalisée par Serguei Fetissov et ses collègues de l’unité « Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau » de l’Inserm, à Rouen a démontré que les bactéries présentes dans les intestins pouvaient être responsables de troubles alimentaires comme l’anorexie mentale et la boulimie.

Bakterien

Notre système digestif est composé d’environ 100 000 milliards de bactéries qui constituent ce que l’on appelle le microbiote intestinal.
Les chercheurs ont trouvé que, sous l’influence du stress, certaines bactéries présentes dans notre système digestif pouvaient produire une protéine (ClpB) qui a la particularité de mimer l’hormone de la satiété, la mélanotropine. Elles pourraient donc envoyer au cerveau un message chimique l’incitant à réguler son appétit.

L’étude a porté sur une soixantaine de personnes atteinte de troubles alimentaires. Ces personnes ont naturellement davantage d’anticorps reconnaissant à la fois l’hormone et la protéine bactérienne. De même, des souris exposées à des bactéries produisant la ClpB, perdent rapidement du poids avant de réduire leur alimentation.

Le chercheur Serguei Fetissov explique les résultats: « Il y a dix ans, personne ne voulait entendre que le microbiote influe sur le comportement. Aujourd’hui, nous pouvons reconstituer un scénario pour l’origine microbienne des troubles alimentaires. »
Le scénario serait donc le suivant : suite à un stress psychologique, des bactéries du microbiote produiraient davantage de protéine ClpB qui, en passant dans le sang, ferait chuter l’appétit. Le système immunitaire pourrait ainsi être déréglé et le comportement alimentaire de la personne durablement troublé.

Serguei Fetissov imagine ainsi de nouveaux traitements thérapeutiques : « Nous pouvons envisager un nouveau type de traitement pour les troubles du comportement alimentaire. Le patient pourrait être traité par antibiotiques afin d’éliminer en partie les bactéries pathogènes, puis il recevrait des bactéries bénéfiques, appelées probiotiques, pour protéger et consolider sa muqueuse intestinale. »
Il faudra bien entendu vérifier cette hypothèse par des tests mais cette découverte pourrait fortement améliorer la prise en charge des personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire.

Source : Sciences & Avenir

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